Cette histoire, elle vient de mon imagination.
Cette histoire, elle est a moi.
Cette histoire, elle parle des hommes, mais ne fait pas leur apologie.
Cette histoire, elle veut vous expliquez ce que les animaux ressentent.
Cette histoire, elle parle de souffrance et de folie.
Peut de gens comprendrons le sens de cette histoire....
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Biographie
Ma naissance La douleur irradie brutalement mon corps. Je suis enfermée, mais je veux sortir. Mon c½ur se comprime, je me sens mal, j'ai l'impression que ma tête va explosée. Je me débats, je ne veux pas sortir d'ici. Je suis bien, il fait chaud. Soudain, un long hurlement retentit, et j'ai l'impression de faire tout sauf ce qu'il faut. Alors je cesse de me débattre et me laisse aller. Je suis comprimée de tous cotes et régulièrement, quelqu'un hennit. Puis, assez brutalement d'ailleurs, une lumière vive m'aveugle. J'entends un soupir et quelque chose me touchait. J'essaye de bouger, mais mes membres sont comme ankylosés. Alors, je reste inerte sur le sol, sur la paille sèche. Quelque chose d'humide passe sur mon visage, et une personne me caressa le ventre. J'ai peur, je vois tout flou, je ne sais pas ou je suis. Mais, qui me touche ? Je cherche une odeur familière, quelque chose de reconfortant. Je regrette ma petite maison douillette, et bien que j'étais à l'étroit, j'étais en sécurité. Maintenant, je regarde ces drôles de bêtes, je regarde leurs formes floues, terrorisée. Puis, un ronflement doux retentit près de mes oreilles. Je retourna ma petite tête et fixe une grosse tête. Mes yeux s'agrandissent, enfin une odeur agréable. Ma mère, ma mère a moi toute seule. Je plonge mon regard se plonge dans celui de celle qui m'a donné la vie. Je la fixe avec tendresse et espoir, mais je ne vois pas son regard car je vois flou. Quelqu'un murmure, quelque chose bouge à cote de moi. Aussitôt, mon c½ur fait un bond et une terreur s'empare de mon corps. Je me colle contre ma mère et produit mon premier hennissement. Bien que petit, il trahit ma peur. Ma mère frotta son nez contre mon chanfrein et tente de m'apaiser. Les formes bougent doucement, comme pour ne pas me faire peur. Finalement, mon c½ur se calme et je ferme les yeux. Je suis épuisée, cette journée a été la plus éprouvante de ma vie pour l'instant. J'ai très envie de dormir, mais ma mère ne cesse de me donner des coups pour que je reste éveillée. Et bien, quoi ? Ce n'est pas encore fini ? Je dois encore accomplir un acte qui me demande du courage et de la force ? Ma mère me lèche tendrement le front et se lève. Aussitôt, sa chaleur me manque et je hennis pour lui dire de revenir. Mais elle ne revient pas, elle reste plantée devant moi. Elle me souffle dans les oreilles et cherche à me réconforter. Elle veut que je sois forte et que je sois courageuse. Mon aventure ne se stoppe pas maintenant, elle me parle de nourriture et j'entends mon estomac gronder. Est-ce l'appel du ventre qui guide mes jambes ? Je ne sais pas, mais je tente de bouger. Mes membres trop longs me gênent, ma mère me pousse du bout du museau. Les minutes passent et je commence à devenir un peu plus habile avec mon corps. Je réussis à placer mes jambes devant moi et pousse dessus. Je retombe lourdement, l'effort est insurmontable. Ma mère me ronfle dans les oreilles, me disant que je peux y arriver. J'aurais bien voulue la voir elle ! Elle ne vient pas de tomber sur le sol, mais comme elle insiste, je ressaye. Le manège s'éternise, mais a chaque nouvelle tentative, je gagne du terrain. En attendant, mon estomac commence à s'énerver et semble me supplier de faire vite. Au prix d'un puissant effort, je pousse une nouvelle fois sur mes jambes et le sol s'éloigne de ma tête. Je fus prise de vertige et je commence à tomber sur le cote. Le museau de ma mère me rattrape de justesse et me permet de m'équilibrer. Avec de grands yeux, je commence à admirer le sol alors qu'il est banal. C'est surtout la distance entre la paille et moi qui me stupéfait. Mais pourtant un élan de gaieté me prend. J'ai réussis ! Je suis campée sur mes quatre jambes, je peux enfin voir le monde de haut. Relevant la tête, ma vue est enfin nette. Je fixe avec amour ma mère, qu'elle est belle ! D'une belle robe grise pommelée, elle a de grands yeux bleus, ce qui est rare pour les chevaux. Elle est fine et pourtant musclée, pour moi, elle est la plus belle de tous. Nous nous frottons le chanfrein mutuellement avant que je tente d'avancer. Evidement, l'effort fut vain et mes jambes se dérobèrent sous moi. M'écrasant sur le sol, ma mère m'évita une nouvelle fois de nombreuses douleurs. Soupirant, je recommence le manège, cherchant une bonne fois pour toute la bonne solution pour ne pas mettre une heure à me mettre debout. Petit à petit, je deviens habile et, au bout d'une heure au moins, je peux sentir le lait de ma mère couler dans ma gorge. C'est bon, je suis extenuée. La journée a été éprouvante, et je sais que demain ce sera pareil. Ma mère me ronfle des mots réconfortants et me félicite mentalement. Finalement, je finis par me coucher. Ma mère reste debout et veille sur moi, je sens son doux regard me fixer. Je l'aime, elle est mon monde. Mais, des que mes paupières commencent a se fermer, tout devient noir et je sombre dans le sommeil.
Le début de la FinLe soleil se lève, près de moi ma mère bouge. Je grogne et cherche à me rendormir. La paille est chaude, je suis bien tranquille. Mais quelque chose grince et une lumière vive me fait ouvrir les yeux. La même peur qu'hier me prend et je hennis puissamment, a la recherche de ma mère. Oui, je suis une vraie trouillarde. Tout me fait peur, y compris la grande ombre qui se dresse devant moi. Ma mère me frotte la joue avec son museau et tente de m'apaiser. L'ombre parle et rie, je suis toujours aussi morte de peur. Elle tient une sorte de sac, ma mère piaffe et hennit à son tour. Un danger ? Vite, il faut que je me lève et que maman et moi on parte. Mais mes membres ne bougent pas, je hennis de terreur quand ma mère s'éloigne. Elle semble hésiter entre le sac et moi. Quoi ? Elle préfère se jeter dans la gueule de ce monstre plutôt que de me protéger ? Tout à coup, je la déteste. Elle s'éloigne finalement, sans un regard pour moi. Je suis toute seule au milieu de la paille, incapable de bouger. J'ai envie de hurler ma peur et mon envie qu'elle revienne, mais je me tais. Oui, je ne dis rien et essaye de grandir seule. Comme hier soir, je pose mes jambes une par une dans le bon ordre et essaye de me lever. Sans l'aide de ma mère c'est plus dur, mais au bout de plusieurs minutes, je suis fièrement campée sur mes quatre jambes et je fixe ma mère avec tristesse. Elle mange... Une boule de colère me prend, je me dirige vers elle et bois le lait goulûment. Une fois rassasiée, je m'éloigne de ma mère alors qu'elle finit son déjeuner. La porte de notre maison est fermée, mais je passe la tête par-dessus la première partie de notre porte. Je suis petite, mais je peux quand même voir par-dessus. Ce que je vois me coupe le souffle. Une grande allée avec des cailloux beiges, des arbres, du vert, des animaux comme ma maman. Je hennis et cherche a sortir alors que ma mère regarde comme moi par-dessus. Puis, de nouveau je les vois. Ils sont trois, trois grands trucs bizarres qui viennent vers notre maison. La peur guide mes jambes et je cours me réfugier au fond, contre le mur, hennissant de terreur. Ma mère me regarde avec étonnement, mais quelle gourde ! Je la déteste ! Les bipèdes rentrent dans notre maison et me fixe. Ils se mettent à dire des choses incompréhensibles. J'entends « trop peureuse » et aussi « bon prix », mais aucun de ces bouts de phrases ne me mettent en confiance. Quand le plus gros d'entre eux s'approche de moi, ma mère a enfin une réaction digne d'une maman. Elle renâcle et se met en travers de la route de ce qui était un homme. Il est surprit et claque furieusement le museau de maman. Le bruit retentit dans notre maison, mais ma mère n'est pas contente du tout. Elle couche les oreilles et tente plusieurs fois de mordre l'inconnu, reculant pour me protéger. Je savais que ces monstres étaient dangereux, et voila qu'ils se mettent a crier et menacent ma mère. A mon tour, je hennis et couche les oreilles. Tout cela est mauvais pour moi, je le sens au plus profond de mon être. Deux des hommes font demi-tour et quittent le champ notre maison. Le troisième nous regarde avec haine, surtout ma mère. J'ai peur de lui, je me blottis contre le flanc de ma mère. Peu a peu, je me calme. L'homme est partit, nous sommes de nouveau seules. Elle renâcle et se frotte contre moi. Je la pardonne tout de suite, mais ce jour-la, je ne suis pas sortis de notre maison. Il pleut beaucoup, je regarde dehors, mais je ne peux pas sortir. Quel dommage, de belles flaques se forment. Ma mère remue du noir, elle a l'air triste et surtout inquiète. Au moindre bruit, elle sursaute et me cache derrière elle. Elle semble tendue, et la peur se lit dans son regard. Ma mère est une pure race espagnole, et même si elle est musclée, je doute de ses capacités à me défendre en cas de vrai problème. L'atmosphère est lourde, la pluie aussi, et bientôt tout est enveloppe d'un grand drap gris pluvieux. Pour une première journée, je ne sais pas quoi penser. Mais une chose est sur : ces hommes, ces monstres ne nous laisseraient pas tranquille. Une peur bleue me tord le ventre et je me colle contre maman, espérant, priant en silence pour ne jamais être séparée de la seule que j'aimais...
AdieuLe soleil une nouvelle fois se lève. Une semaine déjà passée depuis ma naissance, et les choses vont de mal en pis. Les doses de nourriture on considérablement baissées et ma mère est faible. Je fais exprès de ne pas beaucoup boire pour ne pas la fatiguer et elle me remercie mentalement. Quand j'ouvre les yeux, il fait beau et un filet de lumière traverse la poste pour tomber sur mes cotes. Clignant des paupières, je dresse les oreilles. Ma maman est debout, sa queue fouette nerveusement l'air. Je la regarde, et tends l'oreille. Mon sang se glace, mon c½ur s'arrête. Ils reviennent, ils parlent et ils ont l'air heureux. Je me lève en quatrième vitesse et, contre toute attente, sens ma mère se coller contre moi. C'est un moment magique et sinistres, je sens son haleine ma caresser le toupet, son regard empli de douleur me fixer. Elle me mordille gentiment la joue, je vois une larme glisser sur la sienne. Je ne comprends pas, je ne veux pas comprendre. La seconde d'après, elle me pousse dans l'ombre, au fond du box et se campe fièrement devant la porte. Celle-ci s'ouvre, ma mère renâcle et hennit. Les hommes ricanent, sortent une longue ficelle, la lève au ciel et soudain... La claque ! Le bruit me fait hennir de peur, maman se cabre, hennit de colère, botte et rue. Les hommes se jettent sur elle, le fouet claque encore et encore. Mon c½ur va exploser, je n'en peux plus. Quelque chose entoure le cou de maman, je la vois quitter le box. Je me rus vers elle, mais quand je croise son regard, je lis désespoir et supplice. Non, je ne dois pas bouger. Les larmes débordent, ma mère gémit et hennit doucement. En tendant l'encolure, elle me caresse une dernière fois la joue et se laisse entraîner. Je fais un pas, je m'avance en frôlant le mur et me place devant la porte. Maman pleure, maman ne bouge plus.Les hommes échangent des papiers, et ils ouvrent une grande boite. L'odeur qui me parvient me donne envie de vomir, une odeur de mort. Maman refuse de monter, il la fouette, l'insulte et la force à grimper. Avant qu'il referma la porte de la boite, je croise une dernière fois le regard bleu de ma mère. Elle pleure, elle va mourir. Je ne vais plus la revoir ? Non ! Je commence à courir vers la porte de notre box, mais celle-ci se referme brutalement. Me cognant le museau contre le bois, j'entends les hennissements de ma mère. Elle veut me rassurer, elle me dit qu'on se reverra un jour. Je passe mon visage par-dessus la porte et la regarde, pleurant à chaude larme, je lui réponds en hennissant. Puis, un grondement retentit et la grande boite bouge. Je continue de hennir, ma mère aussi. Puis, elle disparaît dans un nuage. Mon c½ur se brise, je hais les hommes, je les hais. Je veux leur mort, je ne veux plus les voir. Ils m'ont arraches ce que j'avais de plus cher au monde, ils m'ont arraches le c½ur. Ma mère va mourir, jamais je ne la reverrais. Je vais au milieu du box, je me couche. Ma tête se pose sur la paille, à l'endroit ou ma mère et moi nous couchions. Je sens encore son odeur fraîche et sa chaleur contre moi. Je vois encore son beau visage et son regard bleu. Mais elle n'ai plus la, elle est loin. Je suis seule, les hommes vont le payer. Ils ont tues ma mère, alors je les tuerais...
Peu après, ils me donnent un prénom : Hephylie...
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3 ans plus tard
Folie, sang et désespoir...Mon box sent la poussière, mais aujourd'hui, je vais pouvoir enfin sortir. Je suis enfermée dans le noir, et seul quelques rayons de lumière passent au travers de ma porte. Tout a change depuis le départ de ma mère, mais pas eux. Ils sont toujours aussi violents, et je les déteste toujours autant. Entre mes cotes, mon c½ur devrait battre. Pourtant, il est mort par leur faute il y a longtemps, 3 ans maintenant. J'ai change, ils le savent. J'ai quitte mon ancien club après avoir attaquée mon maître. J'ai beaucoup voyage, de club en club, jusqu'à débarquer dans celui-ci : le ranch des redresseurs. Rien que le nom m'a donné envie de tous les tuer. Je suis dangereuse, instable et froide. La nuit a été glaciale, mais je survis. Ma robe blanche est immaculée de tache de poussière, ma crinière est pleine de paille et je sens mauvais. En me laissant moisir dans ce trou puant, les hommes s'imaginent sûrement que je vais me calmer. Mais cela ne fait qu'attiser ma haine envers et contre eux. Soudain, le grincement du loquer me met en alerte. Je recule dans l'ombre, tel un esprit, gracieuse et calme. Mes yeux noirs fixent la porte en fer avec méfiance. La lumière m'aveugle et une haute silhouette se trouve soudainement devant moi. Aussitôt, mes sourcils se froncent et je renâcle. L'homme commence à murmurer de douces paroles, il tend la main comme pour me caresser. De douces paroles, comme ma mère... Ma folie devient incontrôlable, je commence a m'exciter. Il tente de me calmer, il s'approche, il vient vers moi. Je donne un coup de pied dans le mur et hennit de rage. L'homme devient pale et brutalement, je fonce sur lui en galopant. Il se rue dehors et referme la porte de justesse. Je me heurte au métal puissamment, avec tant de force que j'en ai le souffle coupe. Je me cabre, hennit, donne des coups dans la porte, renâcle. Plusieurs hommes viennent devant mon box et commencent à crier des ordres. Je comprends le langage des hommes maintenant, mais il y en a tellement qui parle que la situation m'échappe. Je continue d'hennir quand je les vois arriver avec des cordes. Mon sang ne fit qu'un tour et je donne un superbe coup de sabot dans la porte, à tel point qu'elle a un pet. Ensuite, je recule et me cale au fond de mon box, nerveuse. Je transpire, j'ai peur. Ma porte s'ouvre doucement, ma respiration s'accélère. Que vont-ils encore me faire ? Ils rentrent, un par un, me fixant avec eux aussi anxiété. Je fais des petits pas en avant et en arrière, me bloquant dans le coin du mur. Il n'y a aucun bruit, juste quelques murmures et ma respiration. Je lève la tête haute et les observe de haut alors qu'ils m'encerclent. Puis, l'un d'entre eux tape maladroitement dans ma mangeoire et c'est le signal de départ. Mes antérieurs quittent le sol et je me cabre, parfaitement droite, mes sabots fouettant l'air, le découpant. Autour de moi, les hommes s'excitent et lancent des ordres, je tape contre le mur. Puis, des cordes s'enroulent autour de moi. Ma peur devient alors incontrôlable. Je me mets à taper dans tous les sens, je ne veux pas mourir comme ma mère ! Je secoue ma crinière, mais ils sont trop, je ne peux pas gagner. Ils me maîtrisent tant bien que mal, je n'arrive plus à me défendre. Seuls mes hennissements désespérés retentissent et leur hurlements de colère et de victoire. Ils réussissent a me sortir de mon antre, de mon box...
Ce n'est rien...Ils m'entraînent vers la douche de force. Mes sabots trop longs glissent sur les paves, je n'ai pas de ferre. Je botte, je rue, je tente de me cabrer. Mais impossible de leur échapper. Ils hurlent des ordres, cherchant un moyen de me calmer. S'ils voulaient vraiment me calmer, alors il fallait me rendre ma mère et ne plus jamais me fouetter. Ma croupe suinte, j'ai des cicatrices sur l'encolure, encore fraîches. Ma crinière est trop longue, ma queue aussi. Je suis maigre et pourtant de mon corps s'émane une beauté splendide. Ma robe blanche presque grise, mes sabots et mes yeux ébène, je suis une pure race espagnole d'une beauté rare. Ma puissance aussi d'ailleurs, mais les hommes n'ont pus que déduire en quoi je devais être bonne. Car oui, ces abrutis n'ont jamais pus me monter, alors ils 'pensent' que je dois être bonne en dressage, en attelage et en saut. Moi, je m'en fou. Mes sabots percutent enfin quelque chose de dure : une jambe. Un craquement sinistre retentit et l'homme hurle de douleur. Un sourire triomphant se dessine sur mes lèvres et je hennis encore plus fort. Dans les écuries, d'autres chevaux fous me répondent et éclatent de rire. Je tente de redonner un coup a l'homme étendu a terre, mais déjà les autres m'entraînent vers la douche. Mes sabots glissent mais je finis par me fatiguer et finalement, je pénètre dans la salle de douche extenuée. Le fait de ne pas avoir mange m'a détruit, je les comprend maintenant. Ils m'attachant chaque membre avec une corde a un anneau, ainsi que la tête. Puis, un grand baraque vient, prend le tuyau, allume l'eau et me la jette dessus. Je hennis mais je ne peux bouger. Bientôt, ils sont trois sur moi. L'un me savonne, l'autre me mouille et le troisième me coupe la crinière. Le jus qui sort de mes poils est dégoûtant, tout gris. Finalement, et à ma grande honte, je me calme et les laisse finir de me nettoyer. Je serais toujours plus belle pour tuer l'un d'entre eux. Ils me liment les sabots, me mettent des fers, ils me font aussi les dents. Je sens le savon et la propreté, ça me change. Avec dix hommes, ils me mettent dans un nouveau box. Il est loin de mon ancien, tout propre, mais surtout : approvisionne en nourriture. Je me jette dessus comme une morfale et mange tout, tout sans exception. La paille sent bon, il n'y a pas de problème. Les hommes passent régulièrement voir si tout va bien, je me demande ce qu'il prépare. Tout redevient calme, je me couche dans la paille fraîche et cherche un endroit qui aurait l'odeur de ma mère. Je ne suis pas chez moi, ou suis-je ? Je hennis un petit coup, une jument près de moi me répond par un ronflement puis tout redevient calme.
Dernière fois...Ils sont lâches, comme d'habitude. Ils sont a 10 sur moi pour me préparer a la plus dure des épreuves. Ce matin, ils m'ont réveillé tôt, ils savaient que j'allais bien dormir. Mais maintenant que je suis dans cette petite salle, près du manège, je suis en pleine forme. Ils serrent ma sangle, mais ils n'arrivent pas a me mettre le mord. Je hennis, ce matin, j'ai blesse trois hommes dont un gravement. Je compte tuer l'un d'entre eux cet après-midi. Ces idiots se croient malins et montrent leurs muscles, mais des qu'il s'agit de me mettre le filet, plus personne n'est la. Je tape des sabots contre le sol, autour de moi, je sens la tension monter. Ils ont peur, oui, je suis de loin la jument la plus dangereuse qu'ils n'aient jamais eu. Et aujourd'hui, ils vont souffrir. Le premier a les mains qui tremblent quand il prend mes renes. Je ricana et couche les oreilles, mes yeux le fixant avec haine et terreur. Ils me font avancer vers la porte, de l'autre cote : la carrière. L'homme souffle un grand coup et commence a ouvrir la porte. A peine l'espace assez grand pour que je passe et je fonce dehors. L'idiot se mange la porte en plein nez et je me retrouve libre dans le manège. Je commence a galoper, a hennir. Jamais ils ne me rattraperont car jamais ils ne pourront. Mes sabots se posent avec legerte sur le sol. Je m'arrête un peu et regarde autour de moi. Dans la carrière, il y a des barrières. Je remarque une jeune fille qui me regarde, curieuse. Je fronce les sourcils, hennis et galope encore et toujours. Des hurlements retentissent, les hommes reviennent me chercher. Une fois de nouveau entravée, je pourrirais dans mon box. Non, il fallait que j'en finisse avec ce ranch, il fallait que je fasse la plus belle des attaques et qu'ils me fassent partir. Mon regard noir et percant se posa sur la fille. Comme moi, elle était innocente. Et comme moi, elle allait souffrir. Me cabrant, hennissant toute ma colère et toute mon âme, je galope droit vers elle. Sur son visage, je lis d'abord l'incompréhension, puis la réflexion. Lorsqu'un hurlement masculin la met en garde, je lis enfin sur son visage la peur et la terreur même. Alors, prenant appuie sur mes deux postérieurs, je saute. Oui, je saute au dessus de la barrière bien qu'elle soit grande, je me prends les jambes dans la barrière, je vois la fille sous moi. Je ricane, je venge ma mère. Je tombe sur la fille, je l'ecrase de tout mon poids. Quand j'entends le craquement de ses os, le hurlement et sa voix, je suis apaisée. Je sens le sang couler sur mes jambes, je me suis mal réceptionnée. Posant ma tête par terre, j'entends un homme pleurer. Oui, sens comme c'est dur de perdre un être cher, sens la souffrance d'être abandonne par un être innocent. Oui, sentez votre impuissance face a moi, vous n'êtes rien. Je ferme les yeux, oubliant la douleur qui me déchire les membres. Je ferme les yeux et sombre dans l'inconscience. Je ne reverrais plus jamais ce club.
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